Le cheval, miroir de l'homme ?

C’est une métaphore que l’on rencontre de plus en plus en thérapie avec les chevaux : qu’ils sont le miroir de leur humain. Même si j’emploie également cette expression, je me permets de poser quelques nuances car elle prête parfois à confusion. 1. Votre cheval n’est pas votre fidèle reflet En cela, l’expression est déjà biaisée : votre cheval ne vous renvoie pas en tout point votre propre reflet. Ce n’est pas seulement votre miroir, il a aussi son histoire de vie, ses émotions, ses expériences, qui lui appartiennent à lui en tant qu’être vivant et différencié de vous. Mais, votre cheval est aussi, comme tous les êtres vivants de cette Terre, inscrit dans la grande trame énergétique qui nous lie tous les uns aux autres. S’il se manifeste dans votre vie, s’il somatise quelque chose, s’il adopte un comportement particulier, cela met en lumière ce que l’on appelle une résonance. Une résonance avec vous, votre situation, vos émotions, vos expériences. Libre à vous de la conscientiser. Cette résonance peut être flagrante, comme discrète, elle peut être puissante, comme légère. Cette dynamique de résonance permet, à mon sens, de ne léser aucun système : corporel-énergétique-émotionnel et relationnel. Si votre cheval est dermiteux et que sans crier gare il déclare une crise de démangeaisons, vous pouvez prendre en compte : qu'il se fait bouffer par les cullicoïdes, que son Foie est dans le feu et qu'il a besoin d'être dispersé et drainé, que peut-être il essaye de vous faire passer un message mais que vous n'entendez pas et que vous vous entêtez (la frustration et la tension émotionnelle amène le grattage, style ça me démaaaange!), ou que vous dans votre vie vous vous empêchez de réaliser des choses ou de faire des choix qui vous attirent : ça aussi, ça vous démange... Possible alors que vous aussi vous ayez de l'eczéma par exemple. Ces pistes ne s’excluent pas les unes les autres, elles peuvent toutes être porteuses de vérités. C’est selon justement ce qui va « résonner » (et non pas raisonner) en vous. Cette dynamique de résonance ne s'arrête pas uniquement à votre cheval : dans la trame de votre vie, les expériences et les rencontres que vous faites vous permettent de mieux vous connaître, si tant est que vous vous placez en observateur de ce qui vous revient, et non pas du "miroir" qui vous le renvoie. 2. Votre cheval est guidé par son âme Et oui, comme vous, votre cheval est aussi une âme et pas seulement un corps de chair. Et il pose aussi des choix en conscience. Je vous le dis souvent : votre cheval n’a pas croisé votre chemin par hasard. Il est venu vous apporter des trésors – qui nécessitent parfois un certain recul pour être vus comme tels -, vous apprendre, vous accompagner, vous soutenir. Un cheval qui somatise en rapport avec son humain, n’est pas un cheval « victime » ; c’est un cheval qui a choisi son chemin, son humain, et ce qu’il voulait ou non expérimenter dans cette vie. Si vous êtes quelqu’un d’extrêmement stressé et que votre cheval tique et fait des ulcères, ce n’est PAS votre faute. La culpabilisation n’est absolument pas constructive, c’est une punition que vous vous infligez par manque de conscience. Ma foi, c’est une expérience. Mais je me permets tout de même d’expliquer, car la frontière est ténue entre « c’est de ma faute » et « je comprends que cela me montre quelque chose chez moi, que ça me permet de prendre conscience d’un mécanisme que je ne voyais pas, ou que je ne prenais pas en compte jusqu’à maintenant ». Subtile, mais importante cette différence. Une fois que vous avez conscientisé ce que cette résonance met en lumière chez vous, vous pouvez tout à fait continuer ce chemin qui s'ouvre à vous pour changer vos comportements/croyances qui ne servent plus votre intérêt désormais. Et bouger vos énergies, bougera aussi celles de votre cheval. 3. Votre cheval est aussi un cheval Et oui (bis), comme vous vous êtes une âme ET un humain, votre cheval est une âme ET un cheval, avec une dimension spirituelle mais aussi une dimension incarnée. Il a son "instinct cheval", des besoins spécifiques liés à son espèce, et des besoins spécifiques liés à lui, à sa morphologie, son métabolisme, son tempérament… Vous ne pouvez donc pas dire à chacun de ses faits et gestes, qu’il est comme vous. Ou qu'il exprime quelque chose pour vous. Sachons aussi leur laisser leur place de chevaux, pour ne pas rentrer dans des liens toxiques, qui renverraient sur des mécanismes de surinterprétation, d’identification et de projection pathologiques. Pour cela, il est important d’avoir conscience de qui l’on est, et du lien protéiforme qui nous unit à notre cheval. 4. Votre cheval n’est pas une éponge systématique Quand j’entends mes cavaliers me dire « hier, je n’ai pas été voir mon cheval car j’étais trop en bordel et je ne voulais pas le contaminer avec mes émotions », j’avoue que je lève un sourcil. Je comprends bien la démarche de vouloir éviter de vider son sac sur son cheval. Cette hygiène émotionnelle est louable, mais pas nécessaire. En vérité, votre cheval est totalement capable de vous accepter tel que vous êtes : en bordel, en plein marasme, en colère, faible, triste etc… Si vous ne voulez pas aller le voir quand vous êtes mal parce que vous n’en avez pas envie, très bien, écoutez vous. Vous avez le droit. Mais si vous vous empêchez d’aller le voir parce que vous pensez que vos émotions vont le déranger, y a erreur. Le cheval est un animal avec un cœur énorme, plein de compassion, de patience, de tolérance pour l’humain. Vous ne faites pas exception. Assurez vous que ce n’est pas votre propre jugement qui vous dit que « vous êtes toxique pour votre cheval aujourd’hui », et que vous ne projetez pas cette pensée sur lui. Cela étant, si par le plus grand des hasards, il se trouve que votre cheval vous boycotte quand vous arrivez avec toutes vos casseroles, alors laissez-le simplement. Il a le droit. Une fois je suis allée au pré voir ma jument. J’avais un gros chagrin. Je me suis assise par terre, à ses pieds, en pleurant. Je cherchais son réconfort. Elle est restée 1 min montre en main et s’est cassée rejoindre le troupeau qui s’était éloigné. J’étais encore plus dégoûtée ^^ Quelques instants après, une autre jument que je connaissais moins s’est séparée du troupeau pour venir se mettre juste au dessus de moi, comme si elle me veillait. Ca m’a fait chaud au cœur. Probablement que c’est Galicie qui me l’a envoyée. Pourquoi ? Je ne sais pas, elle ne se sentait peut-être pas l’énergie pour m’apporter ce dont j’avais besoin, ou peut-être que cette autre jument avait plus de résonance avec moi par rapport à ce que j’étais en train de vivre au niveau émotionnel. Bref, sans faire de votre cheval votre médicament, vous pouvez compter sur son soutien. Cultivez simplement votre conscience de vous-même et de votre lien, pour avancer ensemble. 5. Votre cheval est - surtout - un grand enseignant Votre cheval vous connaît et sait vous lire en deux secondes. Il ne sait pas seulement comment vous vous sentez, il sait pourquoi, quel mécanisme est à l’œuvre en ce moment chez vous, quelle relation, quelle croyance, et dans quelle dimension… Votre cheval sait. Son lien à la Terre au Ciel et à son Intuition le rend parfaitement clairvoyant. En cela, c’est un guide d’une sagesse exceptionnelle. Il est non seulement inspirant, par son attitude pleinement consciente, par ses qualités de cœur, de non jugement, d’authenticité, mais il est également un merveilleux enseignant. C’est aussi pour cela qu’il me tient tant à cœur de faire le pont entre le cheval et l’humain : pour transmettre ses richesses, et mettre en lumière ce lien magnifique d’âme à âme. Les chevaux nous offrent des tremplins de conscience fantastiques, et ils nous accompagnent tout au long du chemin, peu importe qu’on les ignore ou qu’on les refuse, ils continuent de nous aimer et de nous auréoler de leur présence, sans jamais se plaindre de notre inconscience, ou désespérer de nous. En cela, ils font écho à ce qu’il y a de plus noble à l’intérieur de l’humain : l’espérance, l’amour inconditionnel, la solidarité, la générosité… la divinité si je devais résumer. Ce texte ne cherche à ériger aucun précepte immuable. Il est construit de façon structurée pour être clair, mais ce sont des pistes de réflexion que j'y partage, teintées par mon expérience et ma façon d'appréhender la connexion aux chevaux. Comme toujours, le mieux est d'abandonner la méthode, pour faire l'expérience selon soi 😉



© Carole Richter





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