Conflit : et ton cœur, il en dit quoi ?

En général, après un conflit, une fois que le baromètre des émotions est redescendu, on s'explique avec la personne. Pour désamorcer les tensions, le quiproquo, sortir de la dualité attaque/défense ou raison/tort, qui vient souvent majorer le phénomène. On expose sincèrement ses sentiments, ses ressentis, ses interprétations. Un peu comme si on prêtait ses lunettes à l'autre pour lui montrer notre vision des choses. Alors l'autre saisit mieux nos réactions, nos comportements et notre perception de la situation. Le processus se passe vice-versa, si bien qu'à la fin, chacun est capable de se mettre à la place de l'autre. La situation est entendue de façon globale et non duelle, chacun acceptant d'avoir à la fois raison et tort, au regard du système de croyances adopté ( = selon la paire de lunettes portée) Il n'est même pas forcément besoin d'excuse verbalisée - la seule compréhension de l'autre suffit souvent à désamorcer son ego mécontent et ses blessures réactives. Maintenant que se passe t-il lorsque l'explication ne suffit pas ? Quand elle n'aboutit pas à un soulagement, ou de la compassion, mais conforte l'incompréhension ressentie par les deux parties - qui sont au final en miroir l'une de l'autre ? Il se peut effectivement que l'on ait du mal à se mettre à la place de l'autre, que l'on continue de se défendre et de se justifier. Il est de bon ton en ce cas, de remettre l'explication à plus tard et d'opérer au préalable un travail sur soi. Quelles blessures ont été créées ou réveillées par le conflit d'origine ? Quelles émotions ? Est-on déjà soi-même capable d'observer sa part de responsabilité dans la dispute ? Quelle facette de nous trouve un intérêt à ce conflit ? Toutes ces questions permettent de mieux observer nos mécanismes et nos fonctionnements et ainsi de ne pas les projeter ou les imputer à l'autre. Il arrive également que ce ne soit juste pas le moment pour l'un ou pour l'autre, ou pour les deux, d'opérer les prises de conscience qui permettraient la résolution du conflit et d'avancer. Pour restaurer la paix, il est bien inutile de forcer la compréhension sur le plan mental. La cérébralité finalement ne sert qu'à donner un sens valable - selon nos croyances - à l'expérience que nous vivons. Ce qui importe ici, c'est la compassion que l'on va manifester à l'autre, pour le faire sentir compris, écouté, et aimé tel qu'il est. Il s'agit donc de lâcher son système de pensées et de s'en remettre totalement et sans réserve à son cœur. Etre dans l'amour de soi et de l'autre permet de s'émanciper de la lorgnette mentale. On ouvre la porte du coeur, et on a une vision 360, qui apporte la guérison de toute situation ou conflit. En envoyant une énergie simple mais puissante : peu importe mes croyances, peu importe les tiennes, je t'aime. Le conflit n'est alors qu'une expérience, qui ne s'inscrit pas comme un traumatisme ou une rancœur non digérée, mais comme un simple apprentissage de la vie à travers l'autre... qui n'est en fait que notre propre reflet. Évidemment, je ne vous encourage pas ici à être inconscient et à répéter les mêmes expériences douloureuses sous prétexte que vous êtes "un temple de compassion" et que vous acceptez tout. Respectez-vous! Je vous invite plutôt à reconnaître les conflits qui vous sabotent de l'intérieur - et qui vous sont gentiment miroités par votre entourage - et à vous connecter à votre cœur, pour enfin vous pardonner et être en paix avec vous-même. Ainsi vous attirerez à vous des expériences différentes ;)


© Carole Richter




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